Les porte de l'au-delà

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Les manifestations spontanées

25/09/2023

Les manifestations spontanées

La plupart des phénomènes, principalement ceux qui appartiennent au genre des manifestations physiques et apparentes, peuvent se produire spontanément, c'est-à-dire sans que la volonté y ait aucune part. Dans d'autres circonstances, ils peuvent être provoqués par la volonté de personnes dites médiums, douées à cet effet d'un pouvoir spécial.

Les manifestations spontanées ne sont ni rares ni nouvelles ; il y a peu de chronique locale qui ne renferme quelque histoire de ce genre. La peur a sans doute exagéré les faits qui ont dû prendre des proportions gigantesquement ridicules en passant de bouche en bouche ; la superstition aidant, les maisons où ils se sont passés ont été réputées hantées par le diable, et de là tous les contes merveilleux ou terribles de revenants. De son côté, la fourberie n'a pas laissé échapper une si belle occasion d'exploiter la crédulité, et cela souvent au profit d'intérêts personnels. On conçoit, du reste, l'impression que les faits de ce genre, même réduits à la réalité, peuvent faire sur des caractères faibles et prédisposés par l'éducation aux idées superstitieuses. Le plus sûr moyen de prévenir les inconvénients qu'ils pourraient avoir, puisqu'on ne saurait les empêcher, c'est de faire connaître la vérité. Les choses les plus simples deviennent effrayantes quand la cause en est inconnue ; quand on sera familiarisé avec les Esprits, et que ceux auxquels ils se manifestent ne croiront plus avoir une légion de démons à leurs trousses, ils n'en auront plus peur.

 

Les manifestations spontanées se produisent très rarement dans les endroits isolés ; c'est presque toujours dans des maisons habitées qu'elles ont lieu, et par le fait de la présence de certaines personnes qui exercent une influence à leur insu ; ces personnes sont de véritables médiums qui s'ignorent eux-mêmes et que nous appelons pour cette raison médiums naturels ; ils sont aux autres médiums ce que les somnambules naturels sont aux somnambules magnétiques, et tout aussi curieux à observer ; c'est pourquoi nous engageons les personnes qui s'occupent des phénomènes spirites à recueillir tous les faits de ce genre qui viendront à leur connaissance, mais surtout à en constater avec soin la réalité, pour éviter d'être dupes de l'illusion ou de la fraude, ce qu'elles éviteront par une observation attentive.

 

On doit se tenir en garde non seulement contre des récits qui peuvent être tout au moins entachés d'exagération, mais contre ses propres impressions, et ne pas attribuer une origine occulte à tout ce que l'on ne comprend pas. Une infinité de causes très simples et très naturelles peuvent produire des effets étranges au premier abord, et ce serait une véritable superstition de voir partout des Esprits occupés à renverser des meubles, briser la vaisselle, susciter enfin les mille et une tracasseries de ménage qu'il est plus rationnel de mettre sur le compte de la maladresse.

Ce qu'il faut faire en pareil cas, c'est chercher la cause, et il y a cent à parier contre un qu'on en découvrira une bien simple là où l'on croyait avoir affaire à quelque Esprit perturbateur. Quand un phénomène inexpliqué se produit, la première pensée que l'on doit avoir, c'est qu'il est dû à une cause matérielle, parce que c'est la plus probable, et n'admettre l'intervention des Esprits qu'à bon escient. Celui, par exemple, qui, sans être approché de personne, recevrait un soufflet ou des coups de bâton sur le dos, comme cela s'est vu, ne saurait douter de la présence d'un être invisible.

 

De toutes les manifestations spirites, les plus simples et les plus fréquentes sont les bruits et les coups frappés  c'est ici surtout qu'il faut craindre l'illusion, car une foule de causes naturelles peuvent en produire : le vent qui siffle ou qui agite un objet, un corps que l'on remue soi-même sans s'en apercevoir, un effet acoustique, un animal caché, un insecte, etc., voire même les espiègleries des mauvais plaisants. Les bruits spirites ont d'ailleurs un caractère particulier, tout en affectant un timbre et une intensité très variés, qui les rend aisément reconnaissables et ne permet pas de les confondre avec le craquement du bois qui joue, le pétillement du feu, ou le tic-tac monotone d'une pendule ; ce sont des coups frappés tantôt sourds, faibles et légers ; tantôt clairs, distincts, quelquefois bruyants, qui changent de place et se répètent sans avoir une régularité mécanique. De tous ces moyens de contrôle, le plus efficace, celui qui ne peut laisser de doute sur leur origine, c'est l'obéissance à la volonté. Si les coups se font entendre dans l'endroit désigné ; s'ils répondent à la pensée par leur nombre ou leur intensité, on ne peut méconnaître en eux une cause intelligente ; mais le défaut d'obéissance n'est pas toujours une preuve contraire.

 

Admettons maintenant que, par une constatation minutieuse, on acquière la certitude que les bruits ou tous autres effets sont des manifestations réelles, est-il rationnel de s'en effrayer ? Non, assurément ; car, dans aucun cas, il ne saurait y avoir le moindre danger ; les personnes auxquelles on persuade que c'est le diable peuvent seules en être affectées d'une manière fâcheuse, comme les enfants auxquels on fait peur du loup-garou ou de Croquemitaine. Ces manifestations acquièrent dans certaines circonstances, il faut en convenir, des proportions et une persistance désagréables dont on a le désir bien naturel de se débarrasser. Une explication est nécessaire à ce sujet.

 

Les Esprits qui se manifestent ainsi peuvent également agir pour leur compte personnel. Ce sont souvent des Esprits souffrants qui demandent une assistance morale. Lorsqu'ils peuvent traduire leur pensée d'une manière plus intelligible, ils demandent cette assistance selon la forme qui leur était familière de leur vivant, ou qui est dans les idées et les habitudes de ceux auxquels ils s'adressent, car peu importe cette forme, pourvu que l'intention parte du cœur.